9 Juillet 2016 : La traversée – Verbier Saint Bernard

Pour faire bien, on va peut être commencer par le commencement…pourquoi être inscrit sur « La Traversée », un trail de 61 km et 4100 m de D+ dans les Alpes suisses entre La Fouly et Verbier?

En voilà une bonne question!!! Tout simplement pour courir l’OCC dans le cadre de l’UTMB…mais qu’est ce qu’il raconte le mec, il mélange tout là!!!

Mais non, pour avoir le droit de s’inscrire à l’OCC, certes il faut avoir les fameux et controversés « point ITRA » (merci la Saintélyon…quoi c’est pas un trail lol) mais il faut aussi avoir le cul  bordé de nouilles pour être tiré au sort  : en 2015 il y a eu 4329 inscriptions au tirage au sort pour 1200 places…(http://utmbmontblanc.com/documents/Statistiques_inscriptions/Historique-des-inscriptions-2003-2016_FR.pdf)

Et c’est là que je tombe sur le bon plan du « Challenge Traversée-OCC » (bon d’accord c’est pas non plus la trouvaille de l’année comme c’est sur le site officiel de la course bien en évidence!!!).

Quésako? Bon le plus simple c’est de vous montrer  mon « bon plan »

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Bon alors soyons honnête le « afin de promouvoir leurs épreuves respectives », je pense que l’UTMB ramène plus d’inscrits au TVSB que le contraire 🙂

Donc bingo, je m’inscris à la Traversée avant de m’inscrire au tirage au sort de l’OCC et on verra si je vais en Suisse ou pas (pour la petite histoire j’ai été tiré au sort à l’OCC mais ceci est une autre histoire).

Donc me voilà inscrit, sans vraiment savoir si j’ai envie d’y aller, si j’ai envie de me faire mal…surtout que deux semaines avant le Marathon du Mont Blanc (le MMB pour les fans de #hashtag), je vais pas dire que cela ne s’est pas bien passé mais en gros cela m’a fait chier (au figuré car depuis ma rencontre avec le Microlax, ma vie a changé lol) sur la seconde moitié du parcours…et en particulier les descentes paradoxalement…je suis nul, mais alors nul de chez nul…

Finalement le week-end d’avant je décide que j’y vais, enfin que j’y vais avec Paul (comme coureur) et Emilie (comme supportrice). Hop hop hop (thème du week-end), je fais ma valise comme d’habitude à l’arrache, et comme d’habitude j’ai surement oublié quelque chose…à mon avis un jour je vais oublier les pompes…on saute dans la voiture et c’est partie pour de longues heures de route…car c’est pas tout cela mais Verbier c’est pas la porte à côté…

Enfin en Suisse

Après le hold-up de notre portefeuille pour payer la « vignette autoroutière » (bah oui quoi franchement en l’achetant en Juillet on devrait payer 5/12 ème et pas plein pot lol), nous voilà arrivé enfin au Salon du TVSB pour retirer le dossard…avec toujours cette même galère de la vérification du matériel obligatoire!!! Non mais franchement qu’est ce qu’ils nous emmerdent avec cela…et la responsabilisation individuelle…

Et évidement comme je suis un pro de l’organisation, j’ai  éparpillé un peu partout dans ma valise le matos obligatoire…alors vas y que je t’ouvre la valise au milieu du parking pour retrouver mes petits :

  • Un sac à dos : c’est bon j’ai
  • Une réserve d’eau minimum de 1 litre : bon alors comme je n’aime pas boire dans un tuyau, je suis le seul mec qui a un « camelbak » sans la poche et le tuyau, j’ai tout viré et je pars avec des bouteilles d’eau  #clododutrail…oui enfin sauf que là j’ai même pas de bouteille…je sens déjà l’embrouille avec la gestapo du matos obligatoire :-/
  • Une lampe avec piles de rechange…bon j’ai la lampe mais j’ai pas la bonne taille de piles de rechange…le boulet…bon je vais compter sur le fait qu’on va pas vérifier les piles à l’intérieur…et puis de toute façon, j’ai déjà convenu avec moi-même que je bâche avant la tombée de la nuit quoi qu’il arrive lol
  • Couverture de survie : check
  • Sifflet : on m’a toujours dit qu’il est accroché au sac lol
  • Bande élastique adhésive pour faire un strapping : ah merde on devait venir avec du scotch : bah j’ai pas lol
  • Veste imperméable : check, mais franchement pareil si il  pleut : je bâche #mecsupermotivé
  • Seconde couche : pull manche longue et collant : check, par contre franchement aucune chance de l’utiliser leur seconde couche, j’ai une demi couche sur moi et je suis déjà en nage en cherchant à réunir tout ce bordel!
  • Une paire de gants : check, non mais des gants début Juillet…pffff
  • Gobelet : et MERDEEEEEE…
  • Téléphone portable : check mais je vais l’éteindre pas envie de me faire baiser avec le roaming…

Et bah, c’est pas gagné de passer le contrôle…dans le salon, on retrouve Paul qui a déjà récupéré son dossard, il m’accompagne…le stress monte dans la file d’attente…euh non je rigole…enfin mon tour, je pose mon beau bordel sur la table devant une gentille mamie qui regarde mes affaires…

  • Le sac c’est bon, la réserve d’eau aussi (mais où elle a vu une réserve d’eau la dame?!?)
  • La lampe ok, la seconde couche et les gants ok
  • Ah mais il est où le gobelet?
  • Ah bah euh…Paul tu as ton gobelet avec toi? Voilà mon gobelet madame…
  • Ok c’est bon…Voici votre dossard et bonne course…
  • Euhhh ok…Merci!!!

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Le premier miracle du week-end est arrivé, j’ai récupéré mon dossard avec la moitié du matos obligatoire lol

Mais bon, comme Paul ne va pas m’attendre à chaque ravitaillement pour faire gobelet commun je vais m’en acheter un sur le salon…putain 9€ le gobelet…ils sont riches les suisses…

Dossard en poche, on passe déposer nos affaires chez un anglais qui loue une chambre avec des lits superposés dans un appartement qui reste ouvert 24h/24…va comprendre…avant d’aller finir notre prépa à coup de bières et de pizza.

Une pinte, sa petite sœur,…bon on va manger peut être…mais c’est hors de prix dans ce restaurant et il y a pas de pizza…on va changer de crémerie, on demande à deux charmants policiers un bon plan pour diner. On se retrouve dans un pizzeria avec menu « spécial trail » entouré de traileurs qui font un concours de T-shirt de finisher…non mais franchement les gars, c’est quoi ce concours de bite?!?

Tu comptes impressionner qui avec ton T-shirt de l’édition 2015… Enfin bon, pizza/bière et direction le dodo car demain il faut courir un peu, à ce qu’il paraît…

Le Jour J

Réveil à 6h…c’est cool le trail en Suisse, avec un départ à 10h du matin, pas besoin de se lever la veille pour manger 3h avant le départ…on respecte la tradition du petit déjeuner dans le lit pas encore vraiment réveillé : compote, barre de céréales, coca, brioche…avec des micro-siestes entre deux…finalement il est temps de se lever et de s’habiller, comme toujours beaucoup de questionnement sur la tenue, il va faire beau? Pleuvoir? Et comme toujours je m’habille « as usual » avec le débardeur du club…petit passage aux toilettes pour le « moment Microlax »…ah oui et ne pas oublier le traditionnel Red bull pour me réveiller.

Nous voilà sur la route de La Fouly avec Emilie comme « Uber de luxe »…je ne sais toujours pas ce que je fais là…pas vraiment envie de courir, bon je vais essayer au moins d’en profiter pour m’entrainer à descendre, par contre à la tombée de la nuit, je bâche tout, j’ai vraiment pas envie de faire de nocturne!!!

En attendant le départ, je profite de pouvoir faire de la montgolfière…enfin bon j’en profite pour m’envoyer en l’air à 20 mètres de haut accroché à 3 voitures pour être précis…c’est gratuit et cela fait passer le temps…

 

Ah oui et astuce foireuse du jour : écrire les km des ravitos au stylo Bic sur le bras…une bonne idée à la con…

Enfin, on va courir…et marcher…

IMG_1958Il est temps d’aller s’aligner derrière la ligne, enfin vers le fond tout de même avec Paul…et à 10h, précision suisse oblige, c’est le top départ…pour 64 km et 4100 m de D+…et comme toujours sur les trails, le premier défi est d’éviter les coup de bâtons,… »putain de randonneur », résonne bien fort dans ma petite tête…

Et cela grimpe de suite…après 2 km j’en ai déjà marre…la pause pipi m’appelle pour une pause salvatrice…bon par contre je perds mon acolyte Paul dans l’histoire…

Et les gosses qui sur le bord de la route me lancent des « Hop Hop Hop » à mon passage…non mais attend, ils se moquent de moi les gosses ou ils font de la pub pour la filiale d’Air France?!? Au 18ème « Hop Hop Hop » je vais enfin comprendre que c’est la manière Suisse romande d’encourager…

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Cela continu de monter, enfin on quitte le bitume pour attaquer la première « difficulté » avec la grimpette du Col de Fenêtre…sur un chemin large puis un single à crapahuter en évitant les bâtons, en essayant de doubler quand cela est possible…bon je suis loin de jouer le classement alors je double quand il y a une autoroute devant, dans le cas contraire je prends le temps d’apprécier le paysage (pour une fois) et de fixer ses belles images dans la mémoire de mon téléphone…ce qui n’est pas le cas d’une jeune britannique qui va particulièrement me taper sur le système en doublant n’importe comment dans les montées et en étant presque à l’arrêt dans les descentes avec évidement toujours les bâtons qui traînent un peu partout pour emmerder son monde…Esprit trail qu’on te dit…

Dans la montée, je double Paul qui ne semble pas au mieux, on papote 2 minutes pour essayer de lui changer les idées et je lui souhaite bon courage pour la suite.

Surprise pour moi, la fin de l’ascension du col de  Fenêtre se fait dans la neige…ce n’est pas désagréable, cela rafraîchit un peu…je ne suis pas complètement rassuré donc je marche scrupuleusement dans les pas des gens qui m’ont précédé.

Au passage du col de Fenêtre, le pointage dit que je suis 94 ème (mais cela je ne le sais pas à ce moment là et j’ai l’impression d’être dans la queue du peloton)…

Maintenant il s’agit de descendre sur Grand St Bernard…mais mais on doit descendre dans la neige aussi…je suis encore moins rassuré que dans la montée, et j’ai pas de bâton pour me ralentir comme les autres…je commence par y aller prudemment « step by step » pour éviter de me vautrer dans la neige et surtout les cailloux… Bon c’est pas super efficace comme technique, j’avance pas et je commence à avoir la main gelée…On va essayer autrement en faisant de longues glissades plus ou moins contrôlées et en évitant de penser aux cailloux qui émergent de temps en temps de la couche de neige…

Eh bah tu sais quoi? C’est mon premier moment sympa de la course, bah oui je m’éclate comme un gamin, j’ai l’impression de faire du ski en short et débardeur au mois de Juillet mais sans ski…le premier moment sympathique d’une longue série finalement…

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Enfin de retour sur la terre ferme, enfin sur les cailloux qui bougent un peu, je peux de nouveau courir avant de devoir grimper un gros cailloux pour atteindre le premier ravito : Grand St Bernard au kilomètre 13 à la 80ème position…oh bah merde voilà que je gagne des places en descente…

Et c’est au moment du ravito que tu comprends que tu cours pas à domicile cette fois-ci…il n’y a pas les choses habituelles au ravito, alors oui il y a bien du coca (et j’en profite bien) mais au niveau solide, il n’y a rien que je reconnais…malheur où sont mes tucs…snif…j’essaye ce qui y ressemble le plus…oui bah non c’est pas cela…j’ai encore le souvenir d’un gâteau sec sans goût avec lequel j’ai approché l’étouffement…

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Un petit coucou à Emilie qui se trouve à la sortie du ravito et qui récupère ma récolte alimentaire du ravito dont j’ai déjà plus envie (bon appétit 😉 ) et je dois déjà repartir pour une grimpette, celle du Col des Chevaux…et quand je dis grimpette, c’est pas complétement faux avec un début plus proche de l’escalade que du trail…300 m de D+ en 2km, pas de quoi rencontrer un seul cheval…

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Une fois au sommet il y a une descente interminable de 12km et 1100m de D-…il y a encore pas mal de monde sur le single autour de moi…et comme j’aime pas faire la queue pour passer les ruisseaux au sec sur les cailloux comme tout le monde, je fais des tout droit en me disant que cela va rafraîchir mes pieds et puis avec le soleil qu’ elles vont pas rester mouillées bien longtemps mes Mizuno…au début de la descente, un nouvelle pause pipi…j’en garde le souvenir de pisser du sang…cela m’inquiète un peu…beaucoup…cela continue de descendre et comme convenu dans mon plan de la journée, je cours dans les descentes…mais là c’est super long…j’en ai marre…alors je fais des pauses photos…beaucoup de pauses photos…ok pour une fois je suis là « pour acheter du terrain »…

C’est juste magnifique, on longe le lac formé par un barrage…magnifique…par cette chaleur cela donne envie de faire une pause trempette…

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En parlant de pause, je commence à me retrouver un peu seul sur les chemins suisses, surement une preuve supplémentaire que je suis à la ramasse au niveau classement…et là pafff, un troupeau de vaches au milieu du chemin…en bon agriculteur, j’ai pas peur des vaches mais je fais tout de même attention à ne pas passer derrière et à lever les bras…cela serait con de devoir abandonner à cause d’un coup de sabot lol…

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Vers le km20, la malédiction du caca me retombe dessus…bon je dois trouver un endroit au calme pour faire ma grosse affaire trankilou…

Km21 : rien

Km22 : toujours rienIMG_1998

Km23 : une maison au milieu de rien…où est le propriétaire que je lui squatte le trône? Je ne le trouve pas…

Km24 : toujours rien, cela devient urgent je veux arriver vidangé au ravito du km 27 pour pouvoir me remplir le bide, car j’ai la dalle de chez dalle…en parlant de ravitos, mon idée lumineuse d’écrire les km des ravitos sur le bras est en train de partir sous l’action de la sueur…je doit trouver une autre solution les apprendre par cœur : 13/27/38/49/54…13/27/38/49/54…Bouche du Rhône/Eure/Isère/Maine et Loire/Meurthe et Moselle…Merci qui?…Merci Père dodu (rien à voir avec J & M lol)

Km25 : ah enfin, je suis sauvé, le spot parfait, en hauteur sur un virage intérieur…et à l’ombre d’un bosquet, l’endroit rêvé pour se retrouver avec soi même…

Km26 : Libéré, Délivré…Je ne mentirai plus jamais…Libéré, Délivré…C’est décidé, je m’en vais…enfin pour le moment sans mentir, je m’en vais au ravito suivant, celui de l’Eure, enfin de Bourg St Pierre au km 27 donc, où j’arrive 104ème…je fais les derniers 500 mètres avec Emilie à qui je raconte mes histoires de pipi/caca et de mal aux pieds qui commence…

C’est bien d’avoir une assistance privée, j’ai l’impression d’être une star…je m’assois 5 minutes pendant que madame m’apporte des trucs à manger et remplit mes bouteilles d’un mélange coca/eau…en même temps elle m’explique qu’au poste de contrôle je suis indiqué comme « non partant »…quoi « non partant »…cela fait 27 km que je suis parti de La Fouly, ils déconnent les suisses, et la précision suisse, elle est où…bon je déplace ma carcasse humide vers le poste de contrôle pour bien signifier que je suis partant…en réponse j’ai un petit « ah oui peut être » et elle note mon numéro de dossard sur un coin d’une feuille volante…j’essaye de ne pas m’énerver car finalement ce sont des bénévoles mais je fais comprendre à la gentille dame que j’attends un peu plus de réaction de sa part…elle se décide à téléphoner au PC central pour signaler le petit souci…

Bon je suis tout de même un peu énervé, j’ai chaud, j’ai faim…et de toute façon je ne suis même pas en course alors le règlement avec le matos obligatoire qui va servir à rien je vais me torcher avec…franchement, je vais faire quoi avec ma veste à capuche imperméable et ma seconde couche à manches longues?…j’arrive déjà plus à supporter mon débardeur qui me cisaille je ne sais pas quel os au niveau des bretelles de mon sac…Emilie les récupère, mais je garde la frontale au cas où…

Et c’est reparti pour l’ascension du Col de Mille…11km à grimper mais pas avec un fort dénivelé et sur un single roulant de chez roulant en dehors de quelques pierriers…mais je reste sur ma consigne du jour…quand cela monte, tu triches donc tu marches…j’ai faim, j’ai soif (je bois à chaque petit ruisseau), j’ai mal à la cheville gauche et j’ai une douleur au niveau du talon droit…une drôle de douleur même…à chaque pas cela fait mal…une ampoule? Oh non pas moi, cela m’arrive jamais…

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Enfin j’arrive au ravito de l’Isère, km38, enfin le ravito du Col de Mille à la 81ème position…pas d’assistance privative au sommet, je vais me débrouiller tout seul, j’en profite pour discuter avec les sympathiques bénévoles (cela fait gagner du temps à l’ombre et cela change les idées aussi), dont un qui me confirme que je suis bien partant maintenant…ah finalement mon coup de pression à Bourg St Pierre a été utile…

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Je ressors du ravito avec mes 2 bouteilles de 500mL pleines et une poignée de trucs torsadés qui remplace à merveille les Tucs…

Cela descend alors je dois courir…c’est presque un soulagement car en courant j’ai pas mal à mon talon droit…derrière moi je sens arriver une fusée, je m’arrête sur le bas côté pour ne pas le gêner, en lui disant que je ne sais pas descendre…et là surprise, le mec s’arrête et prend le temps de m’expliquer : ne pas avoir peur, sauter d’un caillou à un autre, jouer au yamasaki, prévoir où je vais poser mes pieds 2 foulées à l’avance,… »Allez, tu essayes de me suivre? »… »Euh, oui ok, je vais essayer! »…je ne suis pas super rassuré mais bon, pas le choix, je ne peux pas lui dire non!!!

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Je prends sur moi et j’essaye de le suivre…et je commence à comprendre, je commence à kiffer, cela fait 10 minutes que je le suis, et je suis bien, je m’éclate, on double des coureurs,…je le remercie pour les conseils et lui dit qu’il ne doit pas m’attendre…en 5 minutes il me met 300 mètres mais je continue mon petit bonhomme de chemin en doublant quelques coureurs…

Mais pour être honnête, mes membres inférieurs réalisent une symphonie de signaux de douleurs dans le cerveau qui essaye de ne pas y faire attention, je commence même à avoir mal au talon gauche…des deux côtés : talons, chevilles et genoux jouent une douce musique de douleurs bien orchestrée…j’ai envie d’en finir…

Dans ma douleur, le mental reste car la fin se rapproche et surtout car depuis quelques km je double plein de gens…avec des dossards blancs et non bleu comme le mien…surement une autre course mais cela fait du bien au moral…

Enfin km49, je retrouve Emilie à l’entrée du village de Lourtier, je me plains surement de mes douleurs multiples, que j’ai soif et faim, que je suis dans les derniers mais que je vais essayer de finir, que mon sac à dos me cisaille les épaules,…

Au ravito je mange un morceau pendant qu’Emilie remplit mes 2 bouteilles, je discute avec un dossard blanc qui m’explique qu’il fait le petit format le 26km…ok je comprends mieux…cela va me faire de la compagnie à doubler pour les derniers 14 km…

En repartant Emilie me dit que d’après ses comptes je suis 70ème (en réalité 71ème)…je ne dis rien mais franchement j’y crois pas…je me dis qu’elle a du arriver après le passage des 700 premiers…

Je sors du ravito en mode « randonneur » pour terminer de boire et manger…et évidemment je me trompe de chemin…je reviens sur mes pas pour attaquer la vraie difficulté du jour : monter à La Chaux, en gros 6km pour 1100m de D+…ah bah oui gros un KV après 50km, pourquoi pas…

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Plus de 2 heures en mode main sur les genoux à doubler des gens et à me faire doubler…à faire des pauses…à espérer que c’est le dernier lacet…à désespérer de ne jamais en venir à bout de cette montée…

Je dois faire des pauses à cause de crampes dans les mollets ou les quadri…et parfois même les deux…continuer d’avancer pour les faire passer…il fait chaud, ma réserve d’un litre va y passer à ce rythme (elle y est passée bien avant le sommet)…des dossards bleus me doublent pendant mes pauses « crampes »…j’ai l’impression que 50 personnes me sont passées devant…bon aller on en termine avec ce col et on se donne comme objectif d’arriver avant la nuit et de doubler au moins un dossard bleu dans la dernier descente vers Verbier…

Dans ce que je pense être le dernier lacet, j’ai l’impression de sentir une raclette…une raclette au fromage ici, au milieu de rien?…pour un mec qui mange pas de fromage c’est tout de même con d’halluciner sur une raclette…j’aurais préféré halluciner sur un Big Mac…fausse alerte, ce n’est pas une hallucination mais deux jeunes supporters qui mangent une pizza aux fromages…le boulet que je suis…

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En plus c’est loin d’être le sommet…

Enfin au dernier Ravito du km54 « La Chaux » : dans un restaurant d’altitude…je mange deux trois trucs pendant qu’une sympathique bénévole remplit mes deux bouteilles, je les récupère et les enfourne dans mon sac…

En sortant du ravito, j’entends plein de cloches sonner…finalement il y a plein de supporters ici…ah non c’est juste un troupeau de vaches…

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Cela descend donc je dois courir avec l’objectif de rattraper au moins un dossard bleu…je lance la machine, je commence à courir…cela fait mal mais il ne reste que 9 km…merde mais c’est quoi cette connerie j’ai le cul tout mouillé, mais c’est pas possible on peut pas casser des bouteilles d’eau en plastique tout de même…ah bah non c’est juste les bouchons qui n’étaient pas fermés…note à moi-même penser à vérifier la prochaine fois lol

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Et c’est reparti…finalement je me fais doubler, mais j’arrive à doubler plusieurs dossards bleus…je suis content de moi…mission accomplie…ah non il y en a un qui revient sur moi et me repasse devant…je vais essayer de rester derrière lui…il reste 4 km…si j’arrive à ne pas trop me faire distancer avant la partie en bitume je peux me le faire…j’ai mal absolument partout mais cette « petite compétition » avec lui me fait tout oublier…la voix de Ludovic COLLET se fait de plus en plus distincte dans le micro de la ligne d’arrivée…on se rapproche de Verbier…la partie trail se termine par un escalier de 5 à 6 marches à grimper et descendre pour terminer sur le bitume…il y a de plus en plus de « hop hop hop »…on double de nombreux dossards blancs mais le seul qui m’intéresse à un dossard bleu et il est encore devant et le bitume c’est mon truc à moi…je lui mange du terrain petit à petit, j’allonge la foulée et j’augmente la cadence, je reconnais où je suis, la ligne d’arrivée est dans 400/500 mètres, et il a 10 mètres d’avance sur moi, une jeune fille sur le bord de la route me fait « c’est un bleu devant tu peux le bouffer »…oh oui mademoiselle j’ai faim et je suis là pour cela…je le dépasse enfin, je reconnais Emilie un peu plus loin au début du dernier virage protégé par des barrières…je vise la ligne d’arrivée, c’est terminé, je suis 67ème finalement (la grosse surprise du jour) et j’ai grave kiffé ma course,…

Je m’écroule dans un pouf qui se trouve à l’arrivée…le speaker vient gentiment me relever…photo souvenir (gratuite), je récupère mon cadeau de finisher (des manchons compressport pourri comme le t shirt)…pas de bière gratuite à l’arrivée…

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Je me pose sur un transat d’un des stands du village d’arrivée pour retirer mes chaussures que je ne supporte plus…

 

Bilan de la journée : un coup de soleil sur l’ensemble du corps non couvert, des épaules en sang par l’association débardeur du club et sac (plus jamais le débardeur en trail), deux énormes ampoules aux deux talons (la prochaine fois j’évite les rivières) MAIS surtout un kiff énorme en descente et au global…

Et surtout un grand MERCI à Emilie

Bilan matos:

  • les pompes : Mizuno Wave Mujin 2 : je suis toujours pas un grand fan mais elles ont fait le boulot…
  • le short : Short Long Running Elio Kalenji : ma seconde course avec…il a fait le boulotIMG_2094 avec mention spéciale pour la poche étanche dans le dos, parfaite pour dégainer le portable à tout moment même en courant
  • débardeur du club ECO CJF : c’est plus possible je vais arrêter de le porter avec un
    camelbak…j’en ai souffert pendant toute la course avec les frottements des bretelles du sac…ou alors le problème c’est le sac…oui mais j’ai pas les moyens en ce moment de changer de sac alors c’est le débardeur qui va prendre…
  • les genouillères Epitact Sport Flex 01 : absolument rien à dire…pouvoir enchainer 3 trails (37k du Grand Saint Jacques, le marathon du Mont Blanc et La Traversée de Verbier Saint Bernard) en un mois avec un début de tendinite rotulienne au genou droit…moi je dis merci Epitact et vivement la chevillière miracle…
  • la montre : Tomtom Multisports Cardio : je devais m’y attendre elle a pas tenu la distance, je suis pas assez rapide pour elle…10h36′ c’est trop long pour sa petite batterie…

 

PS (pour les fan de chiffres):

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2 réflexions sur “9 Juillet 2016 : La traversée – Verbier Saint Bernard

  1. Bonjour, j’ai adorée lire votre « Aventure ». J’ai vu que vous aviez utilisé les produits de la gamme sport d’Epitact et que vous les avez apprécié. Nous on trouve que c’est vraiment un produit qui mérite l’attention des sportifs car la genouillère fait bien son travail sans être trop présente.

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