Et l’aérodynamisme dans tout ça!!!

Dans le monde de la course à pied, il faut l’avouer l’aérodynamisme on en parle pas souvent, ou alors juste comme excuse pour expliquer une « contre performance » du genre : « Pff ce soir trop de vent sur mon parcours habituel, impossible de maintenir mon allure de croisière »…

Pourtant dans d’autres sports d’endurance comme le vélo c’est souvent une variable qui est très (trop) étudiée à grand renfort de test de matériels et de position en soufflerie.

Voici quelques résultats de tests réalisés par Specialized : sur une distance de 40 km voici le temps gagné:

  • 70 secondes pour des jambes rasées
  • 14 secondes pour des cheveux longs attachés
  • 91 secondes pour un tshirt moulant à la place d’un tshirt ample

Pour les gens s’intéressant au triathlon, le règlement de ce type d’épreuve serait une confirmation de cet état de fait d’ignorance runnistique : il est interdit de prendre l’aspiration dans la partie cyclisme (sous peine de disqualification) mais pas interdit pour la partie course à pied.

enhanced-buzz-21521-1382040137-13Dans le monde du running, nous sommes très éloignés de ce genre de considération, la mode est même plutôt aux coureurs barbus et chevelus…Au premier abord, on peut toujours rétorquer que finalement la vitesse en courant est bien inférieure à celle sur une selle, l’énergie à consacrer pour lutter contre la résistance de l’air est donc minime en cap.

On admet facilement dans le monde du cyclisme que la part d’énergie consacrée à la pénétration dans l’air est, sur un parcours plat, de 70 à 90%. Une étude de Davies datant de 1980, effectuée dans le domaine de la course à pied, donne les résultats suivant sur le coût énergétique de la résistance à l’air :

  • 7,8 % pour le sprint (10m/s ou 1’40 »/km)
  • 4,0 % pour du semi-fond (6m/s ou 2’47 »/km)
  • 2,0 % pour du marathon (5m/s ou 3’20 »/km)

Cette étude de Davies démontre bien que l’influence est bien inférieure en course à pied comparée en cyclisme mais pas nulle pour autant.

D’après Andrew Jones, au cours de sa présentation pendant Endurance Research Conference à l’University du Kent, une des solutions pour briser le plafond de verre des 2 heures sur marathon, serait de profiter de l’aspiration d’un coureur sur la quasi totalité du parcours plutôt que jusqu’au semi (comme c’est d’usage aujourd’hui avec les lièvres) et ainsi gagner de 2 à 3 minutes sur l’ensemble du marathon.

Pour Andy Froncioni de la société Alphamantis, l’influence de la pénétration de l’air est non négligeable en course à pied à partir d’une allure de 4’00 »/km, alors assurément c’est pas une « vitesse » commune chez le joggeur du dimanche mais cela reste bien au dessus des élites qui devraient donc surement s’en préoccuper.

Une étude de Pugh sur l’influence de la résistance de l’air dans la course à pied démontre que courir un mètre derrière un autre coureur supprime virtuellement la résistance à la pénétration de l’air et réduit la consommation d’oxygène (VO2) de 6,5% sur un semi-marathon, ce qui est loin d’être négligeable.

Pour conclure, il semble être intéressant d’intégrer ces résultats d’études dans sa stratégie de course personnelle. Il est donc judicieux de profiter de l’aspiration du coureur précédent en restant idéalement à 1 mètres derrière lui. Par contre il faut éviter de courir à côté d’un autre coureur ce qui augmenterait la traînée aérodynamique et l’énergie consommée par les deux coureurs. Après savoir si je vous conseille de vous raser les jambes et le crâne, c’est une autre histoire…


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